Paul Jamsin

Une sale manie, celle de griffonner sans cesse pendant une conversation téléphonique ou au cours des nombreuses réunions induites par ma vie professionnelle et associative est à l’origine de mon travail. Mais ce n’était nullement un comportement de repli sur moi-même: plutôt une méthode, involontaire malgré tout, de concentration. Et au bout de 25, 30 années de pratique de ce petit jeu, un trait personnel se construit et un monde bien à moi se dessine.

Alors, un jour, stimulé entre autres par les encouragements d’aucuns, je réalise mon premier dessin. Mais non plus au cours d’une réunion ou pendant une conversation téléphonique, mais chez moi, dans l’isolement et avec un simple “bic”. Puis rapidement le porte plume s’impose en 0,5mm puis en 0,2 puis en rouge puis en bleu, puis d’autres couleurs d’encre puis les rollers, la plume ballon... et aussi le choix d’un format unique et stéréotypé du support se mettent en place et restent d’actualité jusqu’à ce jour.

Au début, la spontanéité seule est le moteur mais petit à petit, l’univers se dessine et le travail devient plus construit et anticipé. Mais la base est toujours la même: plumes, encres et papier 300 ou 250 grammes pour la technique; images mentales, improvisation et en même temps construction et anticipation pour le contenu.

Un travail de patience? Non pour ce qui me concerne: la seule chose indispensable, c’est de rester motivé, de sentir que “ça va”. Alors les heures passent toutes seules. Mais si la foi n’y est plus, là, impossible de tirer un trait: il faut recommencer.

“In finé” qu’est-ce que ça donne? je n’ai pas d’avis objectif à ce sujet. Pour moi c’est purement plastique; je pourrais peut-être parler de figures abstraites quand d’autres y voient des coupes microscopiques et d’autres par contre parlent de cosmologie....Cela est bien: car en fait: tout le monde a raison: même ceux qui n’ont rien à dire!

Expositions

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