Louis van Baelen

 

Est né le 4 décembre 1956 à Mouscron, en Belgique.

  

Louis vit en institution depuis très longtemps. Il est petit et râblé. Pendant des années, les travaux les plus durs ne lui ont pas fait peur, et s'il n'avait pas eu cet accident de travail, jamais il ne serait venu à l'atelier pour y passer sa convalescence. Jamais je présume, il n'aurait eu l'idée de prendre un crayon.  La première fois qu'il est venu, je n'étais pas à l'atelier, et le soir en faisant le tour de celui-ci, mon regard fut attiré par une feuille rouge, arrachée, gisant dans la poubelle. C'est probablement l'intensité du rouge qui attira mon regard. Je pris les morceaux de papiers que je m'amusai à reconstituer. J'ai probablement eu une de mes plus fortes  émotions picturales. Si, habituellement, je vois naître le tableau petit à petit, ici, il était terminé et je ne savais pas qui avait fait ce travail. Le lendemain, je rencontrai Louis, narquois lorsque je lui expliquai mon émotion.

Ce fut le début de son aventure plastique.  Il travaille la peinture acrylique sur papier. Il est parfois difficile de parler d'une oeuvre et de dire pourquoi elle nous émeut. Il est un fait que lorsque l'on peut s'appuyer sur la variété des couleurs ou des nuances, sur la complexité du dessin et de la mise en page, cela est plus facile. Ici, l'économie de moyen est totale : la couleur rouge et la forme rectangulaire noire pour signifier les briques. Quoi de plus facile ? Tout le monde pourrait, saurait en faire autant, et pourtant cela sonnerait faux, et cette peinture deviendrait sans intérêt. 

 

Le travail de Louis est authentique, pur. Il avait toutes ces peintures en lui. Elles s'imposent. Il est probable que si je n'avais pas porté attention à son premier dessin, il n'aurait plus peint.  Louis a repris le travail et ne vient qu'une fois par semaine, deux heures, le mercredi soir. C'est très peu, mais je me demande si cela ne l'aide pas à garder son authenticité, le protégeant de la routine.  Louis témoigne de son vécu, de son expérience par la

peinture car c'est peut-être le moyen de communication le plus facile pour lui, mais je ne pense pas qu'il prenne du plaisir à peindre, il est l'homme d'un témoignage.

 

Bruno Gérard, La Pommeraie

Atelier

  • La Pommeraie - rue Neuve 15 7972 Ellignies-Sainte-Anne

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