Amber Lielo

J’ai commencé à peindre à 50 ans pendant mon hospitalisation à Pittem. J’ai toujours aimé prendre des clichés et ai étudié la photographie et les techniques de chambre noire au Kisp. À 49 ans, j’ai suivi ma première année d’académie de la photo. Mon thème de prédilection en photographie : la vie telle qu’elle est.

Ce n’est qu’à Pittem que je me suis rendue compte que j’aimais peindre. C’est une véritable bénédiction que cet atelier y soit organisé. Tout d’abord très prudemment sur papier en utilisant surtout mes mains comme instrument. Ensuite, après quelques encouragements, sur la toile. Il s’est alors avéré que je travaillais principalement avec les couleurs primitives, et plus particulièrement avec le rouge, le noir et le blanc. Cela a ensuite évolué jusqu’à l’utilisation de la palette complète des couleurs.

J’aime les œuvres qu’il faut interpréter librement, qui ne sont pas « figées », dans lesquelles chacun peut trouver sa « chose ». Des œuvres qui « grandissent » même lorsqu’elles sont « terminées ».

Je peins de préférence à mains nues, sans pinceaux, avec de la peinture et tout ce qui est disponible : argile, crayons, fusain, toutes sortes de « restes ». La peinture acrylique à mains nues et avec les pinceaux, des accessoires maison réalisés à partir de boîtes en plastique et en carton pour étendre la peinture. L’œuvre évolue : laisser venir, faire surgir des lignes et tirer des traits, faire apparaître des couleurs en aplat. Moins casser les choses que je trouvais en fait jolies.

Les thèmes viennent spontanément, je pars du vide, d’une surface blanche et je laisse faire. Je ressens le besoin de réaliser « quelque chose » avec la feuille, la toile et la peinture. Parfois, j’éprouve la nécessité d’utiliser certaines couleurs ; quand je commence, je vois parfois apparaître des choses que je veux travailler plus en profondeur.

C’était pour moi une énorme surprise de voir que cela peut m’aider autant là où les mots ne viennent pas.

Des thèmes qui me tiennent très à cœur apparaissent spontanément : l’agression, la mort et le désir, la rebelle qui vit en moi, la dépendance versus l’indépendance, l’espoir et le désespoir, l’amour et la destruction, la beauté et le rien, la distance et la proximité, susciter la vie et la détruire, le chagrin et l’inquiétude, la douleur sous toutes ses formes, vaincre ou périr.

Ces thèmes sont somme toute ma vie. Ils ont donc une signification toute particulière pour moi. Une façon de s’exprimer qui est curative.

Ma source d’inspiration : là où les mots ne me permettent pas de m’exprimer. Cela remonte vraiment du plus profond de moi-même. Peindre, c’est partir loin de tout, la réflexion à zéro, laisser venir ce qui vient ou ce qui ne vient pas, être loin du monde, loin de moi et finalement être moi-même plus que toute autre chose. Le désir de peindre est souvent fortement présent, une force à laquelle je dois répondre. Une façon de s’apaiser, pour pouvoir continuer, pour vivre.

Peindre comme je pouvais, jusqu’il y a peu, photographier de façon excessive. 

Cette pratique apporte une énorme valeur ajoutée à ma vie de tous les jours, ou en d’autres termes, elle rend la vie quotidienne plus supportable. Un processus d’expression et de traitement dont j’ai cruellement besoin.

 

Que suis-je entre la bouche et le trou de balle ?

Une enflure, je pense. Quelque chose qui

est tombé de son giron

et qui roule maintenant vers un trou dans la terre,

Et qui continue à donner des coups de pieds dans la vapeur

de l’herbe fraîchement tondue.

De : van horen zeggen, 1970 (H. Claus)

Expositions

Atelier

  • Kliniek Sint-Jozef - Boterstraat 6 8740 Pittem

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