Alta Vox

Dès le premier regard, on sait que la peinture l'Alta Vox est bien plus qu'une simple réflexion picturale sur les variations de la lumière ou sur les méandres de la matière. Il ne cache pas son admiration pour Turner, Goya ou Permeke et possède cette faculté de créer des atmosphères saturées, nimbées d?une lumière presque irréelle, qui plongent le spectateur dans une contemplation méditative.

Durant quelques années, il a éprouvé pour l'élément liquide un mélange de fascination et de crainte et, comme les Anciens, il voyait dans la mer une immensité qui mène au bout du monde, là où l'être bascule dans l'infini. L'eau comme miroir qui réfléchit la beauté du ciel mais aussi comme masse mouvante dont les profondeurs regorgent d'épaves englouties à jamais. En cela elle est une excellente métaphore de l?âme humaine. Dans ces compositions, le ciel et la mer s'épousent ou s'affrontent et ils sont le témoin d'étranges explosions de couleurs qui viennent ébranler leur fragile équilibre. Dans une atmosphère nébuleuse qui joue admirablement des incursions du soleil ou de l'écume des vagues, l'artiste distillait ainsi sa vision de notre époque qui sans être profondément pessimiste, dressait pourtant un constat sans fard de nos angoisses.

Il semble maintenant revenu de ces longues pérégrinations qui l'ont mené aux confins des mers. Allégée des nuages de tempête, sa palette s'est sensiblement éclaircie et décline maintenant des jaunes, des oranges et des rouges chauds qui peuvent aller jusqu'au sulfureux. Certaines compositions pourraient laisser croire qu'il a maintenant délaissé l'élément liquide pour pénétrer dans les entrailles de la Terre, là où affleure le magma, là où la chaleur est telle qu'on y a situé l'Enfer.

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